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Une isolation saine et naturelle

Les isolants sains et naturels sont encore assez coûteux, sans doute à cause de l'échelle réduite de leur distribution. Peu employés, ils sont difficiles à trouver hors de certaines boutiques spécialisées et leur prix d'achat, de deux à dix fois celui de la laine de verre, décourage l'acheteur. Un serpent qui se mord la queue. Mais les choses évoluent rapidement depuis deux ou trois ans, car la demande de ces produits connaît un essor prodigieux qui oblige tout le monde à réagir. Déjà certains grands distributeurs proposent un catalogue de matériaux "verts" pour répondre à la tendance qu'ils voient exploser, chaque client agissant maintenant dans ce domaine comme il en fut pour l'alimentation, une évolution qui a conduit à l'agriculture biologique.
On peut cependant craindre que, comme dans le cas de l'icelle, les mentions vertes de l'Etat ne cachent mensonges et tromperies. Savez-vous, par exemple, que du lait normand portant la mention officielle AB a été tiré de vaches traitées autoritairement par les services vétérinaires à l'ivermectine contre le varron et que ce lait a été vendu au public comme si de rien n'était ? Les quelques éleveurs qui avaient refusé de traiter leurs bêtes ont été condamnés à de lourdes amendes. Cette affaire a fait l'objet d'un petit livre qui s'intitule "Cent mille mensonges et un espoir" (disponible aux Editions du Fraysse). Savez-vous aussi que l'agriculture biologique produit cinq fois moins de blé que ce qui est utilisé pour fabriquer le pain bio vendu en France ? Par quel miracle ?
Dans le bâtiment, la même dégradation des concepts écologiques risque de se produire. Et le nouvel isolant fabriqué en usine avec de la laine autrichienne traité antimites, coincée entre deux feuilles d'aluminium, ne nous paraît pas répondre à la demande sincère de produits sains, durables et socialement équitables, au bilan écologique incontestable.
Quel que soit le produit utilisé, l'isolation doit être posée soigneusement car ce n'est pas le matériau lui-même qui isole mais tout l'air qu'il est capable d'emprisonner. Si bien que lorsque la couche isolante se tasse, elle perd automatiquement ses qualités et devient inutile, voire malsaine, genre nid à poussière et à bébettes. Horizontalement, les choses sont assez simples. On peut même étendre certains produits en vrac comme la ouate de cellulose, le chanvre en miettes ou les billes d'argile clinkérisées, puis les recouvrir d'un plancher sur des tasseaux. Verticalement, il est plus prudent d'utiliser de l'isolant en panneaux qui devraient se montrer moins déformables, ceux de liège, par exemple.
Comme pour les murs eux-mêmes, les isolants doivent pouvoir absorber l'humidité des pièces et sécher aisément dès que possible. Tous les produits qui ne sont pas hydroscopiques, tels la laine de verre, les panneaux de polystyrène et les autres dérivés de la pétrochimie, risquent de poser problème : perte de leur qualité isolante, condensation dans la maison, sels corrosifs dans les murs.