Jusqu'ici tout va bien...

"ce qui compte, c'est pas la loi travail, c'est l'insurrection qui vient..."

Cette jolie petite phrase qui mélange un excellent film et un tout aussi excellent pamphlet est un tag relevé sur ce site qui collectionne les photos prises pendant les manifestations et postées un peu partout sur la toile, des photos de "poésie" urbaine, parfois drôle, parfois moins, mais toujours juste.

Depuis novembre, l'état d'urgence a été établi et cette décision n'est qu'une preuve de faiblesse. Comme c'est bien expliqué ici, l'état d'urgence a été utilisé par l'Allemagne pré-hitlérienne puis par Hitler, c'est un outil de dictature et l'utilisation du 49.3 par la suite n'en est que la démonstration. En résumé, croire que la France est encore une démocratie est une illusion soigneusement entretenue par les médias, mais aussi par une négation collective qui veut que "ça ne peut pas arriver chez nous". Les Allemands des années 30 pensaient sûrement la même chose.

Depuis fin mars, la révolte couvait et depuis la loi El Khomri, elle gronde.

Cela fait longtemps que je me demande pourquoi si peu de gens sont conscients du pouvoir qu'ils ont avec leur porte-monnaie, mais aussi avec leurs emplois. Bien plus de pouvoir qu'avec un bulletin de vote.
Nous vivons dans une société gouvernée par l'argent et le peuple croit encore que le système français est un modèle de démocratie. Des décennies de lavage de cerveau scolaire et médiatique ont imprimé ce mensonge de façon profonde. Que faut-il faire pour que l'esprit critique revienne, pour que l'évidence apparaisse, pour que le pouvoir personnel soit à nouveau une vérité ?

Une société gouvernée par l'argent ne craint qu'une chose, l'arrêt de la machine à faire de l'argent. Et cette machine, c'est le peuple : c'est lui qui fait tourner la machine par son travail et par sa consommation. Qu'il arrête de le faire et ceux qui gouvernent ne tiendront pas 24h. C'est aussi simple que ça. Et pourtant ceux qui luttent aujourd'hui dans la rue ou dans les entreprises sont minoritaires. Pourtant ils se battent pour tout le monde.
Ce n'est pas une question de syndicats, de couleur ou de casseurs. La lutte est la même et chacun peut participer sans obligatoirement se rallier à l'un ou l'autre. Ne pas aller travailler, passer du temps avec ceux qu'on aime... un jour, deux, jours, trois jours... si tous ceux qui veulent que ça change le font, ça ne durera pas longtemps.

À moins que, comme les Romains, les jeux du cirque soient plus fort et que le saint ballon rond fasse oublier à chacun la lutte de la rue. C'est pourtant le meilleur moment de tout bloquer parce que rien ne symbolise plus le règne de l'argent que cette compétition.

Bonne préparation du 14 juin à tous