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Le liant-papier

Recyclage de vieux papiers

Construire sa maison à moindre coût, soit : 2,3 euros/m² de mur au lieu des 18 euros actuellement avec des matériaux conventionnels. Quelle aubaine pour les personnes ayant de petits revenus et qui méritent aussi d’accéder à un habitat de qualité.
A l’heure où l’accession à la propriété est de plus en plus élitiste et où l’on voit nos banquiers, assureurs, architectes et autres, rouler dans de grosses voitures, il y a vraiment quelque chose à faire pour changer tout ça.
Cette alternative est bien entendu réservée aux gens qui pensent que l’on est toujours mieux servi que par soi-même ou qui se voient refuser un prêt pour l’acquisition d’une maison bas de gamme de type Bouy… ou autre, et cela, malgré un salaire et un emploi fixe.
Lorsqu’un banquier nous refuse un prêt pour l’achat d’un habitat, plusieurs solutions s’offrent à nous : on peut se prostituer pour augmenter ses revenus, demander une forte augmentation à son employeur, voler, hériter, ou encore opter pour l’autoconstruction.
C’est cette dernière solution que j’ai retenue, j’ai donc construit ma maison, en bio-brique de type G13 qui est un excellent matériau, que ce soit sur le plan de l’isolation thermique ou de la régulation hygrométrique. Même si ce matériau ne demande pas à être doublé intérieurement par un isolant courant de type ‘‘placo laine de verre’’, son coût à l’achat reste tout de même assez élevé, soit 21 euros du m².
La brique d’argile est pourtant un matériau simple en son état, mais il est vrai qu’il est comme tout autre, il consomme énormément d’énergie lors de sa fabrication tout en renforçant la pollution atmosphérique pour être acheminé sur un chantier (cuisson, transport,..).
Ceux qui réussissent à acquérir une maison clefs en main, comme celle désignée plus haut, sont loin d'imaginer à quel pointleur bien n'est en fait qu'un produit de contrefaçon rempli parfois de malfaçons.

Sans vouloir tout énumérer je parlerai seulement des murs en parpaing, faits à partir de gravier, de ciment, de pouzzolane et de déchets dont l’industrie n’arrive pas à se débarrasser, surtout depuis qu’on lui interdit de les enfouir sous terre ou bien de les immerger en haute mer. Ces déchets sont des farines animales, des dérivés d’hydrocarbure et autres matières aussi malsaine les unes que les autres pour la santé de l’homme. Le parpaing n’a aucune élasticité, d’où l’obligation de ferrailler l’ensemble de la structure. Il est tellement peu isolant que l’on est contraint de le doubler avec des produits conventionnels, qui ont la particularité de freiner considérablement l’évacuation de l’humidité produite à l’intérieur de la maison, donc pas de régulation hygrométrique possible de façon naturelle. C’est tout de même un sacré dysfonctionnement, et tout le monde trouve ça normal, ou presque. Le seul moyen que l’on ait trouvé à ce jour, c’est d’installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) à l’intérieur de la maison. Bien entendu, ça fonctionne, mais l’inconvénient c’est que l’on est obligé de la laisser tourner 24H/24H.Sont ainsi générés une grande consommation d’électricité à l’échelle nationale et un renforcement de la pollution par le biais du nucléaire et des risques qu'il comporte.
Voilà ce que nous ‘‘pondent’’ nos ingénieurs, architectes, politiques… ce qui nous oblige à nous serrer à serrer la ceinture pour des prestations plus que contestables.
Des incapables aux services des lobbies de la construction, je ne peux trouver d’autres mots, telle est ma colère.

Alors que le liant-papier ne comporte aucun de ces innombrables inconvénients, il nous apporte tous les ingrédients attendus à ce jour pour réaliser la maison de nos rêves, sans avoir à se saigner aux quatre veines avec des remboursements de mensualités exorbitants. Il résout donc le problème de recyclage du papier et carton, il évite l’emploi d’artifices tels que les isolants, les plaques de plâtre, les VMC...
Dorénavant, plutôt que de râler lorsque nous ouvrirons notre boite aux lettres remplie de prospectus, nous irons les ranger précieusement en attendant leur transformation en brique de liant-papier.

Composition et définition du liant-papier

Le papier est constitué de fibres de cellulose, les papiers glacés et de luxe contiennent de l’argile ce qui n’est pas négligeable. L’utilisation de silice (sable) permet d’accroître par 3 La résistance de la brique, à la compression. La chaux ou le ciment permettent de lier l’ensemble.

Pour les habitués de la bio-construction, on s’aperçoit que cette composition correspond à la définition de l’adobe (fibres, argile et ciment). Donc ce produit n’est pas nouveau. Il a d’ailleurs fait l’objet d’un dépôt de brevet en 1928 et a été occulté car il utilise un procédé trop simple et n’aurait pas rapporté suffisamment d’argent aux industries concernées.

Le principe

Le principe est d’utiliser des papiers de récupération (journaux, revues, catalogues) que vous allez laisser tremper dans l’eau. Vous allez mixer le tout et y ajouter 30% de sable + 10% de chaux hydraulique ou ciment. Vous obtenez donc une pâte que vous pouvez couler dans des moules et laisser sécher au soleil.

Caractéristiques

Résistance au feu : OUI
Résistance à la compression : environ 140 kg/cm²
Un mur en liant-papier de 2.40 m de haut et de 30 cm d’épaisseur, a une résistance à la charge de 500 kg/cm² et pourtant ne pèse que 250 gr/dm³ (masse d'un cube de liant papier de 10 cm d'arête).
Soit un rapport de 200 pour 1 : la brique supporte 200 fois son poids !
Pouvoir isolant : R=1.12/cm soit : R=33.6 pour un mur épais de 30 cm.
Du jamais vu dans les matériaux actuellement sur le marché.

Article publié le 09/10/2003

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