Accueil » Ils l'ont fait ! » Témoignages et choix de vies

Le témoignage de Véronique d'Auvergne

Partie 2 - Août 2007 - 4 ans plus tard...

Bonjour à tous,

Je me décide enfin a prendre le temps d’écrire la suite de mon témoignage qui date maintenant de 4 ans.
Je voudrais tout d’abord remercier tous ceux qui ont envoyé des messages sympas, des messages d’encouragements...

Toujours dans les montagnes, et plus que jamais.
C’est un peu tout qui s’est agrandi, la famille, la ferme...
S., mon compagnon, est venu ensoleiller encore plus notre vie, de cette union un petit bonhomme de 2 ans maintenant est né (à la maison).
Les deux aînés ont vécu l’école à la maison cette année.
Après plusieurs années de «bricolage» à cultiver des terres abandonnées, à faucher les fossés, les friches... nous avons pu acheter plusieurs hectares et ainsi agrandir un peu le troupeau : 8 chèvres et un bouc partagent notre vie, les biquettes nous ont donné une belle lactation et je fabrique de nombreux fromages en saison.
Un âne nous a aussi rejoint, pour nous aider à porter le bois, et divers choses.
Les poules sont aussi plus nombreuses et ont maintenant une jolie demeure, nous avons eu de nombreuses couvaison cette année.
Les lapins sont toujours là mais leur élevage est remis en question.
Nous attendons avec impatience la venue d’une vache jersiaise qui devrait arriver dans les semaines avenir (ah la bonne crème et le bon beurre) :)
Le jardin s’est grandement agrandi, un verger est aussi en cours de réalisation, les premiers arbres devraient être plantés à l’automne normalement.
Nous avons aussi profité de l’arrêt d’activité d’un maraîcher pour acheter une serre de 25 m de long qui nous permet de prolonger la saison de végétation. On y a pris goût et une 2ème s’apprête à voir le jour.

Nous n’avons pas le label bio, mais nous produisons du 100% bio, nous n’avons pas encore de statut agricole mais pensons être déclarés à la MSA dans les années qui viennent.
Pour le moment nos revenus viennent toujours de l’extérieur de notre ferme. Je refuse toujours de perdre ma liberté de vie pour gagner de l’argent et préfère toujours réduire mes besoins financiers. Je commence à vendre quelques produits qui sont des surplus de notre production. Nous faisons à présent notre farine et donc toujours notre pain.
Ainsi nous parvenons à être en très grande partie autonome sur notre nourriture.

Nous avons pu grâce à S. beaucoup progresser en ce qui concerne la santé, les enfants sont très rarement malades et lorsque cela arrive nous arrivons à les soigner par nous même (huiles essentielles, homéopathie, infusions, remèdes de grand-mère...).
Au niveau confort, la cuisinière «fourneau» est toujours mon inséparable : nous n’avons toujours pas l’eau chaude courante, et nous chauffons toujours au bois, mais S., a beaucoup amélioré la répartition de la chaleur ce qui nous a permis d’avoir des températures très correctes, nous sommes à présent autonome sur notre bois (sauf le carburant pour la tronçonneuse), c’est le grand luxe en fait.

L’accès à la maison reste identique mais la commune fait plus d’efforts pour nous déneiger, un petit tracteur et l’âne nous aident à porter le bois ou autres matériaux.
Les gens du village nous ont à présent vraiment acceptés, je pensais qu’il faudrait 10 ans, mais cela a pris bien moins de temps : les relations sont bonnes et permettent des ouvertures pour installation d’alternatifs sur la commune.

Au niveau de la communication, je confirme que le lieu de vie que l’on choisi n’a rien a voir avec la vie sociale qui en découle et qu’il est possible de vivre de façon isolée dans la nature et d’être très reliée avec d’autres humains : merci à internet, notre voiture, et le téléphone.

Je ne peux que continuer à vous encourager vers une vie plus simple et plus proche de nos origines, vous encourager à vivre ce qui est au fond de vous, même si c’est difficile.
Et c’est difficile mais c’est merveilleux, que de richesses !

Alors faites-le, vous êtes l’unique moteur de votre vie !

Véronique

Lire ou poster un commentaire