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Le traitement de l'eau

Une faible partie des approvisionnements en eau ne reçoit aucun traitement. La moitié des ressources hydriques est simplement désinfectée. Plus d'un tiers de l'eau de distribution doit subir un traitement complet. Il est bon de s'informer des procédés utilisés localement.

Le chlore

À la sortie de l'usine de potabilisation, le chlore est introduit pour assurer un potentiel bactéricide jusqu'au robinet du consommateur. La teneur en chlore libre résiduel est limitée à 0,1 mg/l. Cette valeur correspond à 1 goutte de chlore dans 1000 litres d'eau, l'équivalent du contenu de 5 baignoires. La teneur en chlore décroît tout au long du réseau d'adduction. Une habitation proche de la station de traitement a une eau plus chlorée qu'une maison située en fin de réseau.

L'eau chlorée : désagréable ou dangereuse ?

  • formation d'halométhanes dont le plus fréquent est le chloroforme.
    Ces composés sont produits par réaction chimique du chlore avec la matière organique. Le décret du 20 décembre 2001 fixe la teneur totale en trihalométhanes à 150 µg/l du 25 décembre 2003 au 25 décembre 2008. Ensuite, la limite de qualité sera de 100 µg/l. Les composés concernés sont : le chloroforme, le bromoforme, le dibromochlorométhane, et le bromodichlorométhane.
  • deux voies d'absorption du chlore :
    • par inhalation, lors des douches
    • par ingestion, lors de la boisson
  • risque faible, possible, controversé. 10 % des cancers de la vessie pourraient être attribuables à l'ingestion d'eau chlorée pendant plus de 35 ans. Les risques liés aux sous-produits de la chloration sont cependant moins sévères que les risques associés à la consommation d'eau potable non chlorée.
  • résistance de certains virus et parasites à la chloration.
  • Certains virus et parasites microscopique, vivant dans l'eau sous forme de kystes, résistent généralement davantage à la chloration que les bactéries et les virus. C'est le cas des astrovirus et des protozoaires unicellulaires comme giardia et surtout cryptosporidium. La chloration de l'eau, bien qu'efficace, laisse subsister un risque résiduel de gastro-entérite. D'après une étude française, l'absentéisme scolaire d'enfants du primaire pour gastro-entérite est 1,4 fois plus élevé dans des villages alimentés avec de l'eau dont la qualité bactériologique nécessitait la chloration que dans ceux ayant une eau non désinfectée car de bonne qualité microbiologique.

L'aluminium

L'aluminium n'est pas considéré comme une substance indésirable ou toxique, mais comme un paramètre indicateur du fonctionnement des installations de traitement. La teneur de ce métal ne doit pas dépasser 0,2 mg/l. Cette valeur n'est pas fondée sur des considérations sanitaires, mais a pour but d'éviter une coloration désagréable de l'eau.
Plusieurs causes concourent à la présence d'aluminium dans l'eau. Après le fer, l'aluminium est le minerai le plus utilisé dans l'industrie et rejeté dans l'environnement. Les pluies acidifiées par la pollution atmosphérique solubilisent une partie de l'aluminium contenu dans les roches. Ce métal rejoint ainsi les eaux de surface et les nappes aquifères. Mais les teneurs élevées sont le plus souvent le résultat d'une mauvaise maîtrise du traitement de floculation réalisé avec des sels d'aluminium pour éliminer des minéraux et des matières organiques. En France, de 1 200 000 à 1 700 000 personnes sont concernées, selon les années, par des dépassements de concentrations d'aluminium. Pour supprimer ce risque, certaines usines de traitement de l'eau remplace l'hydroxyde d'aluminium par l'hydroxyde de fer.
Selon la synthèse rédigée, en 1998, par la Direction Générale de la Santé, 11 départements présentent des valeurs couramment voisines du triple de la concentration maximale admissible : la Corrèze, les Côtes d'Armor, la Creuse, le Finistère, la Loire, la Manche, la Meurthe et Moselle, l'Orne, la Vienne, la Martinique et surtout la Guyane.

L'aluminium, au centre de controverses

L'aluminium est suspecté de jouer un rôle dans :

  • l'ostéoporose par diminution de l'ossification,
  • la maladie d'Alzheimer dans laquelle l'aluminium pourrait jouer un rôle toxique.

C'est une des hypothèses à côté d'autres causes probables : neurochimiques, virale, génétique, immunologique, vasculaire, métabolique…
En 2000, les résultats d'une enquête ont été publiés, concernant le suivi de 3 777 personnes de plus de 65 ans, pendant 8 ans, en Gironde et en Dordogne, pour rechercher une éventuelle relation entre les concentrations d'aluminium dans l'eau de boisson et la maladie d'Alzheimer. Cette étude française suggère qu'une concentration d'aluminium supérieure à 0,1 mg/l peut être un facteur de risque de démence et, spécialement, de la maladie d'Alzheimer. Ce résultat doit être confirmé par un nombre plus élevé de sujets exposés et par la prise en compte de toutes les sources d'exposition à l'aluminium, en particulier, les produits de santé. D'après l'OMS, l'eau de boisson ne représente, pour l'homme, que 5 % de l'apport total en aluminium.
Des encéphalopathies sont survenues après dialyses effectuées pour insuffisance rénale avec de l'eau contenant un excès d'ions d'aluminium. Actuellement ce risque n'existe plus en milieu hospitalier ; des limites particulières ont été fixées pour l'aluminium dans l'eau destinée à cet usage. Pour les dialyses à domicile, il convient de savoir quel traitement d'eau utilise la commune : sels de fer ou sels d'aluminium.

Les nouvelles techniques de traitement de l'eau

Dans les unités de production d'eau potable, une technologie encore peu répandue permet de limiter la chloration de l'eau distribuée. Son principe est la filtration sur membranes : l'eau passe au travers de membranes dont les pores sont 10 000 fois plus fins qu'un cheveu pour éliminer les polluants les plus difficiles à retenir dont les pesticides et les germes résistants aux désinfectants habituels.

Source :

  • Le Guide de l'Habitat Sain, Drs Suzanne & Pierre Déoux, Medieco Editions