Accueil » Articles » Construire et vivre ensemble

Les Réseaux d'échange de savoir

Présentation et historique

Introduction

Chacun d'entre nous possède un savoir : savoirs ménagers, savoirs intellectuels, savoirs pratiques manuels de bricolage, des expériences de vie. Pourquoi ne pas en faire profiter vos amis, votre entourage, les personnes isolées... qui en échange vous donneront leur savoir et expérience. Par cet échange, chacun est valorisé et peut se rendre utile aux autres.
Un catalogue réunit les offres et les demandes de savoir : les personnes se contactent directement, mais une équipe de coordination dynamise le réseau en permettant aux personnes de définir leur besoin et d'aider à découvrir qu'elles possèdent des savoirs pouvant aider les autres. Cette équipe aide aussi à mettre en relation les membres du réseau par des rencontres et des réunions.
Ce réseau ne permet pas seulement d'échanger des savoirs, mais aussi de valoriser socialement des personnes qui pensent n'être bonne à rien et s'aperçoivent qu'elles peuvent aider les autres et retrouver leur dignité. Ainsi, cela leur permet de prendre plus d'assurance et de retrouver du travail.
C'est dans les années 70 que Claire Heber-Suffrin, institutrice, décide de développer la notion d'échange de connaissances dans son établissement scolaire entre les enfants, puis les parents, les enseignants et les employés de la mairie d'Orly. En 1977, elle met en place une nouvelle expérience qui va s'étendre dans d'autres communes. C'est le début du mouvement qui va engendrer plus de 200 groupes dont 170 en France (30 en Suisse, 10 en Belgique...) qui sont réunis par une coordination nationale depuis 1987.

Pour contacter le Mouvement des Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs :
M.R.E.R.S
3 bis cours Blaise-Pascal - B.P. 56 - 91002 Evry
Tel : 01 60 79 10 11
Fax : 01 60 79 15 41
Site web : www.mirers.org

Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs : qu'est ce que c'est ?

Le principe est simple

L'échange de savoirs s'effectue sur le mode de la réciprocité ouverte : toute offre suppose une demande et toute demande est accompagnée d'une offre, à plus ou moins long terme. On échange que des savoirs : tout rapport d'argent ou de service est exclu.

Comment fonctionne un R.E.R.S ?

Il suffit de formuler une offre et une demande de savoir et de les faire connaître au Réseau le plus proche. Un animateur est présent à la première rencontre entre offreur(s) et demandeur(s) de savoirs, qui décident ensemble des contenus, des méthodes d'apprentissage, de la durée, de la fréquence des rencontres, de l'heure, du lieu d'échange. Par la suite, il assurera le suivi et le bilan.

Quels échanges ?

Les échanges se font de personne à personne ou au sein d'un groupe.

Les effets

Quelqu'un qui se découvre capable d'apprendre et de transmettre des savoirs renforce sa confiance en lui, sait choisir ce qui lui convient dans le jeu social, voit se vivifier le réseau de ses relations et donc se diversifier les occasions de résoudre telle ou telle difficultés. En brisant les barrières de l'âge, de classes sociales, d'ethnies, les rencontres que suscitent les R.E.R.S donnent à ceux qui le désirent les moyens de s'inscrire dans un projet de création collective.

La Charte des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs

La présente charte constitue la référence éthique pour les Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs.

  • 1. Les "Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs" (R.É.R.S.), groupes d'Éducation Populaire, sont constitués de citoyen(ne)s sans distinction d'âge, de conviction politique ou religieuse, ni d'origine culturelle ou sociale.
    Les R.É.R.S. ont pour but de permettre aux personnes : de transmettre leurs savoirs et d'acquérir des savoirs dans un échange réciproque (savoirs : connaissances et savoir-faire ).
  • 2. Les Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs fonctionnent en réciprocité ouverte. C'est à dire qu'il est possible de recevoir un savoir d'une autre personne que celle à qui l'on donne.
    Les R.É.R.S. facilitent la possibilité d'entrer en relation entre personnes, étant entendu que l'on peut commencer à apprendre avant d'enseigner (ou vice-versa) et que l'on saura prendre le temps nécessaire pour arriver à l'indispensable réciprocité.
  • 3. La transmission des Savoirs ne donne lieu à aucune contrepartie financière. L'offreur qui transmet un savoir ne perd rien de ses connaissances. Le demandeur est invité à offrir à son tour un ou plusieurs de ses savoirs.
    Il n'y a pas lieu de mettre en place une hiérarchie ou un étalon quel qu'il soit pour mesurer la valeur relative de ces savoirs.
  • 4. Le contenu de chaque échange, les méthodes d'apprentissage ou de transmission, les modalités pratiques de réalisations sont du ressort des intéressés qui se déterminent librement en fonction de leurs désirs, moyens, problèmes ou disponibilités.
    Une mise en relation a lieu pour aider chacun à mieux définir le contenu, la méthode et les critères d'évaluation de chaque échange.
  • 5. Tout membre d'un R.É.R.S. aura le souci d'aider chacun à identifier ses propres savoirs et les moyens de les transmettre à d'autres, tout en l'aidant à élaborer ses demandes d'apprentissages et de formations.
    Le souci de la réussite de l'autre est indispensable pour approfondir son propre savoir. Cette interaction entre individus est source d'autoformation et par là même de valorisation individuelle et personnelle par autrui.
  • 6. Aucun cadre juridique n'est recommandé. Il n'y a pas de règlement modèle pour le fonctionnement de chaque R.É.R.S. (y compris pour les moyens financiers nécessaires).
    La réciprocité doit être le critère indispensable d'appréciation de tous les projets.
    Dans l'organisation des R.É.R.S., on sera attentif à ce que chacun soit acteur, y compris en ce qui concerne l'élaboration de l'information, le pouvoir de décision et les méthodes et moyens d'apprentissage, et prenne ainsi une part active à la bonne marche de son R.É.R.S.
  • 7. La valorisation individuelle développée au sein des R.É.R.S. doit se vivre comme une école de citoyenneté. A ce titre, il est important que la création collective reste un des objectifs des R.É.R.S. Il faudra donc faire en sorte que les échanges de savoirs débouchent sur des initiatives collectives.
  • 8. Peuvent être reconnus comme animatrices des R.É.R.S., les personnes
    • capables de travailler en équipe avec le projet d'y intégrer d'autres participants ;
    • partie prenante d'une société pluri-ethnique, pluri-culturelle, société diverse dans ses composantes idéologiques, philosophiques, religieuses, etc. ;
    • attentives à ce que les savoirs échangés le soient dans une optique tolérante, conviviale, au bénéfice de l'épanouissement personnel et collectif de tous et de chacun, non récupérables en tant que tels par quelque idéologie que ce soit.
    Au fur et à mesure du développement des R.É.R.S., on inventera les moyens nécessaires à la formation des participants et des animateurs, pour leur donner la possibilité de mieux entendre les offres et les demandes, d'être aussi efficaces que possible dans les mises en relation entre offreurs et demandeurs, ainsi que dans le "suivi" des échanges.
  • 9. Les Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs s'obligent à se relier en un "réseau de réseaux" dans un Mouvement.
    Dans ce Mouvement, chaque R.É.R.S. est central pour d'autres réseaux.
    La liaison entre R.É.R.S. est donc une condition indispensable de la reconnaissance de chacun d'entre eux en tant que "Réseau d'Échanges Réciproques de Savoirs"

Bref historique du Mouvement des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs

  • 1971 à 1976 : Première expérience à Orly, à partir d'une école primaire et de la coopération avec des acteurs de la ville, pour créer du lien social, favoriser la réussite scolaire et aider à l'ouverture de l'école sur la cité
  • 1980 : Naissance du Réseau d'Évry à partir d'habitants, d'une commission extra-municipal des Affaires Sociales et de la Mission d'Éducation Permanente ; pour encourager le "mieux vivre ensemble" et permettre l'accès à une démarche de formation permanente
  • 1984 : Constitution du Réseau d'Évry en "Association pour le développement des Réseaux de Formation Réciproques et de Création Collective"
  • 1985 : Développement des Réseaux en France Élaboration de la Charte en inter-Réseaux
  • 1986 : Mise en place des stages de formation à l'animation des Réseaux Démarrage des rencontres Inter-Réseaux nationales : le Mouvement est en route
  • 1987 : 1er colloque "Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs" Constitution de l'association "Mouvement des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs"
  • 1988 : Premiers pas en Europe : naissance d'un Réseau en Belgique
  • 1989 : Colloque à Évry "Échanger des savoirs, c'est changer la vie" : échanges de pratiques, théorisation, reconnaissance par les élus et les pédagogues. 1ère Université d'été du MRERS pour des enseignants
  • 1990 : Études et recherche-action : évolution du Réseau d'Évry ; étude sur l'engagement bénévole dans les Réseaux ; Réseaux d'Échanges de Savoirs, insertion, activité, emploi
  • 1991 : Université d'été financée par l'Éducation Nationale (enseignants, animateurs de Réseaux, élèves...) Colloque européen à Dunkerque « Pari sur l'intelligence et le lien social » Promotion du projet dans la Communauté Économique Européenne
  • 1992 : Mise en place des Coordinations Régionales Création du Comité éthique
  • 1993 : 1ère coordination européenne des Réseaux Développement d'un Réseau au Brésil Diffusion de l'outil Ateliers d'écriture et de lecture dans les RERS Réalisation d'un état des lieux du Mouvement avec les ateliers d'écriture
  • 1994 : Mise en place des Formations de Formateurs internes aux Réseaux Mise en place de Formations de Formateurs d'animateurs d'ateliers d'écriture
  • 1995 : Mise en place des Formations Professionnelles Première Formation d'Animateurs d'Ateliers d'Écriture, diffusion importante d'ateliers dans tout le Mouvement et début de construction d'une mémoire commune Mise en place du Diplôme Universitaire de responsable de Formation dans le MRERS Démarrage d'un Réseau au Burundi
  • 1996 : Colloque "Apprendre à faire société, quand les citoyens échangent leurs savoirs" Parution du premier Agenda - Almanach
  • 1997 : Lancement collectif du projet de la Route des savoirs
  • 1998 : Participation au Mouvement pour un Développement Solidaire (MDS) Création d'un site Internet du Mouvement Laboratoire de recherche en lien avec l'I.N.R.P. et l'Université de Tours
  • 2000 : Création et ouverture d'un centre de documentation au Mouvement des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs.
  • 2002 : Lancement du processus États Généraux
Lire ou poster un commentaire

Lectures complémentaires :