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Le papier recyclé

En France, nous consommons autour de 150 kg de papier et de carton par an et par personne (341 kg aux USA, 200 kg en Allemagne, 35 kg au Brésil, 4 kg en Inde).
Une petite partie de ce papier contient des fibres recyclées (journaux, cartons) mais il serait possible d'augmenter de manière importante le taux de recyclage du papier et du carton en France si nous avions un système d'aide au recyclage comme celui mis en place en Allemagne (versement par les communes d'environ 75 euros par tonne de papier récupérée, leur permettant d'économiser sur les frais de gestion des ordures qui coûtent autour de 130 euros la tonne). De nombreux emplois peuvent être créés dans ce secteur.

De plus le recyclage du papier permet des économies à plusieurs niveaux :

  • diminution des arbres nécessaire (il faut 1,5 à 2 tonnes de bois pour fabriquer 1 tonne de papier, et 1,2 tonne de vieux papiers pour 1 tonne de papier recyclé)
  • diminution de l'énergie nécessaire à la fabrication du papier, en particulier sur le broyage du bois et l'extraction de la cellulose (7300 kWh par tonne) comparé à la préparation de la pâte avec des vieux papiers (1 300 kWh par tonne)
  • diminution importante de consommation d'eau (22 m3 par tonne de bois au lieu de 1,7 m3 par tonne de papier récupéré)
  • baisse importante des rejets polluants dans l'eau (143 kg par tonne de bois au lieu de 4 kg par tonne de vieux papier, après épuration biologique).

Le plus gros problème du papier recyclé est le désencrage.

En France, les consommateurs cherchent à avoir le papier le plus blanc possible, alors qu'en Allemagne l'utilisation du papier gris est courante et que l'utilisation de papier blanc pour les correspondances privées paraît même déplacée, car le blanc est l'apanage des administrations ou des grosses entreprises.
Cette demande de papier blanc oblige à effectuer un désencrage et un blanchiment poussé, alors qu'en acceptant des papiers gris on économise sur ces opérations. Savez-vous que le confort de lecture est accru avec du papier grisé ?
Pour désencrer et reblanchir il faut consommer de l'énergie et des additifs : solutions savonneuses, chlore gazeux, dioxyde de chlore, péroxyde d'hydrogène. Ces produits utilisés sont polluants, en particulier le chlore.
C'est pourquoi, pour répondre à la demande écologique, les papetiers proposent du papier blanchi sans chlore. Ce label est souvent apposé sur du papier non recyclé pour être vendu comme du papier écologique. Ils n'ont peut-être pas été traités au chlore gazeux, mais ils ont toujours subi un traitement au dioxyde de chlore. On parle de papier «sans chlore» lorsqu'il y a moins de 100 grammes de résidus organo-chlorés par tonne de papier, et de papier «sans chlore élémentaire» pour moins de 500 grammes de résidus chlorés à la tonne.
Le papier «sans chlore» et non recyclé a peu d'avantages écologiques.
En fait, il faut utiliser des papiers recyclés fabriqués dans des usines modernes qui bénéficient des dernières techniques de dépollution de leurs effluents. Le taux de pollution de toutes les usines à papier (recyclés ou neuf) est fonction des investissements dans ces techniques dépolluantes.
N'oublions pas que la mer Baltique et devenue une mer morte à la suite des déversements de matières organiques issues des industries papetières, matières dont les dégradations, en consommant l'oxygène de l'eau, ont tué les poissons.