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Système immunitaire et naturopathie

Par Philippe Dargère

« Si la théorie des microbes était vraie, il n'y aurait plus personne pour y croire »

Pierre-Valentin Marchesseau
Biologiste et fondateur de la naturopathie (1935)

Si je m'oppose, en tant que naturopathe, à toute vaccination, je rappelle cependant qu'il est indispensable d'avoir une hygiène de vie conforme à notre physiologie afin de développer au maximum nos immunités naturelles, et ce dans le but de détruire tout corps étranger voulant forcer notre forteresse organique. Lorsqu'il y a méconnaissance du fonctionnement du système immunitaire, il est logique d'avoir peur de ces infiniment petits (microbes et virus) et de faire confiance à l'information médicale diffusée régulièrement, dans le but de faire naître une peur face à la maladie et d'inciter à la vaccination.

Trois conceptions de la microbiologie

  • La microbiologie des agressions : c'est la théorie de Pasteur, Metchnikoff, Besredka et de toute l'école allopathique. Elle repose sur le fait que le microbe vient de l'extérieur et est d'origine inconnue. Il est responsable de nos maladies et il existe un microbe pour chaque maladie avec une réponse d'anticorps. Cette théorie conduit et justifie la vaccination.
  • La microbiologie des mutations : les auteurs représentent les opposants de Louis Pasteur : Antoine Béchamp, Jean Tissot, Georges Lakhovsky, Auguste Lumière, Louis-Claude Vincent... Pour ceux-ci, le microbe a son origine dans la cellule. Cette approche défend le polymorphisme microbien, c'est-à-dire qu'un microbe peut muter et donner naissance à un autre microbe. Tissot a montré ce mécanisme à travers ses expériences. Dans cette même logique, Vincent avait prédit que les vaccinations feraient disparaître les maladies à microbes et qu'elles engendreraient les maladies de civilisation, c'est-à-dire les maladies à virus. Cette théorie explique l'inutilité des vaccins.
  • La microbiologie des résistances a été mise en évidence par le biologiste Pierre-Valentin Marchesseau, père de la naturopathie. Cette dernière élève le débat, dans le sens où nous adhérons aux deux conceptions précédentes, à savoir que le microbe est à la fois exogène et endogène mais, et c'est ce qui fait la grande différence, qu'il ne se développe que si le terrain le permet. Le naturopathe va donc instaurer les moyens les plus physiologiques pour, d'une part, entretenir un terrain sain et, d'autre part, renforcer les différentes barrières de défenses, afin de faire face aux microbes, virus ou autres substances étrangères. Cette théorie explique l'inutilité et la nocivité des vaccins.

Notions de terrain

Pierre-Valentin Marchesseau Pierre-Valentin Marchesseau,
père de la microbiologie des résistances

Cette conception a été mise en avant par les praticiens de méthodes naturelles comme Louis Kuhne, Sébastien Kneipp, Paul Carton, Alexandre Salmanoff, Pierre-Valentin Marchesseau.

Qu'est-ce que le terrain ?

Il est représenté par les liquides humoraux : le sang, la lymphe et les sérums extra et intra-cellulaires. La propreté ou l'encrassement de ces liquides humoraux va permettre, ou non, à ces hôtes indésirables de se développer. Viennent s'ajouter aux liquides humoraux les centres diencéphaliques, neurosympathiques et les glandes endocrines. Voilà ce qu'est le terrain organique qui dispose d'une force vitale de contrôle, de direction, d'autodéfense et de réparation. La valeur du terrain explique la différence entre deux individus ; le premier qui « attrape » (suivant la théorie officielle de l'agression) tous les microbes, et le deuxième qui n'a jamais rien !

Pour illustrer cela, voici quelques exemples qui faciliteront la compréhension de l'importance de la propreté de nos humeurs dans la défense du corps.

  • Vous jetez deux morceaux de bois identiques, l'un dans une rivière sale, l'autre dans une rivière propre. Que va-t-il se passer ? Le premier avancera difficilement alors que le second aura une aisance pour le faire.
  • Dans une ville calme, sans circulation et dans une ville voisine aux heures de pointe, sont appelés, en même temps, deux camions de pompiers, pour un feu qui commence à prendre de l'ampleur. Dans quelle ville le feu sera-t-il le plus vite maîtrisé ? La réponse est évidente...

Si l'on transpose ces exemples à deux organismes, l'un intoxiqué, avec énormément de substances étrangères (surpoids de 20 kg), et l'autre, sans aucun excès de poids, dans lequel se crée, en même temps (lois de synchronicité) un envahissement de microbes dangereux. Dans quel organisme, la réponse immunitaire (déplacement des globules blancs) va s'effectuer le plus rapidement ? La réponse est évidente...

Les humeurs encombrées, la diapédèse (migration des globules blancs hors des capillaires), ne peuvent s'effectuer correctement. En naturopathie, nous savons que plus le corps est chargé de toxines, plus il utilisera d'énergie vitale pour se défendre, d'où l'apparition de la fatigue, voire de l'épuisement.

A l'inverse, exempt de toxines, il travaille au maximum avec un minimum de dépenses vitales. Afin de fluidifier les lacs sanguin et lymphatique, le praticien de santé en naturopathie met en place une cure de détoxination pour assécher la source des toxines, solliciter plus activement les émonctoires (organes d'élimination) et libérer au mieux le cerveau organique « diencéphale » de l'emprise du cerveau pensant « cortex ».

Pour ce faire, le praticien de santé puise dans la panoplie des dix techniques naturopathiques, en privilégiant les quatre techniques majeures (bromatologie, biokinésie, hydrologie et psychologie) auxquelles il associe, souvent, la phytologie et quelques autres, dans l'objectif d'épurer l'organisme et modifier ainsi directement le terrain, en agissant à la fois sur le physique, l'émotionnel et le mental.

En normalisant les humeurs, le naturopathe assure la stabilité des éléments cellulaires (organites) et réduit ou supprime les risques de mutations vers des formes dangereuses. Le Dr Salmanoff avait remarqué que tout ralentissement de la circulation prédisposait à l'infection. Pour lui, aucune maladie ne peut être créée par un microbe. Il faut étudier les conditions dans lesquelles nous vivons.

Au sein de cette réforme générale, le praticien de santé peut solliciter chaque barrière, isolément ou en groupe, suivant les méthodes utilisées.

Les barrières de défense

Hormis les nombreuses barrières individuelles de défense, très efficaces, (même si l'accent n'est généralement porté, pour des raisons économiques, qu'à celles des anti-corps), l'environnement représente la première barrière, neutralisant et empêchant la prolifération des microbes. Il est à rappeler qu'au début du siècle dernier, la mer était considérée microbicide, au même titre que tout le milieu (air, forêt). Le milieu extérieur conditionne l'état de santé ou de maladie, suivant sa qualité (absence ou importance de la pollution).

Au niveau organique, quelles sont ces différentes barrières ? Comment les développer ?

La peau

C'est le premier bouclier, à condition qu'il soit en bon état ! (N'oublions pas la fragilité des grands brûlés face aux infections !).Dès qu'un corps étranger se pose sur celle-ci, une réaction réflexe se produit au niveau de tout l'organisme, déclenchant un état de défense. Si la peau est de bonne qualité, le microbe est neutralisé et détruit instantanément. La lutte s'arrête là. Ce mécanisme s'effectue grâce aux effets inhibiteurs de l'acide lactique et des acides gras contenus dans la sécrétion cutanée (sueur) et de son pH acide.

Quotidiennement, il est judicieux de desquamer la peau au gant de crin, et indispensable de la faire transpirer. En naturopathie, nous utilisons les bains chauds, les saunas à air sec, et humides (type hammam) mais la meilleure technique demeure la biokinésie qui agit par le biais du mouvement sur la totalité des glandes cutanées (sébacées, sudoripares et couche basale ondulée). Il est nécessaire d'avoir une peau acide (pH 4) pour répondre à la défense. Mais la peau tend à perdre son acidité en raison d'une mauvaise nutrition, une mauvaise élimination (selles espacées, urines blanches), du stress, de la sédentarité.

Les muqueuses (poumons - tube digestif - intestin)

Ces muqueuses sont recouvertes intérieurement d'un film protecteur : le mucus. Souvent asséchées, ces barrières ne remplissent plus leur rôle de protection.

Muqueuse digestive

Pour obtenir des digestions rapides, consommatrices de peu d'énergie, pratiquez dans un premier temps, et sur quelques semaines, l'alimentation dissociée. Apporter suffisamment de cellulose, qui draine les hôtes indésirables.

Une hygiène alimentaire conserve l'acidité de l'estomac, barrière importante de défense, et améliore le transit digestif qui ne doit pas dépasser douze heures.

Muqueuse intestinale

Un intestin asséché permet la pénétration de substances étrangères. Alors, qu'en bon état, avec une flore de saprophytes, il interdit à toute substance pathogène son entrée dans le corps. Les intestins possèdent des glandes dites de Peyer qui disparaissent de plus en plus chez les enfants élevés aux farines ou mauvais sucres qui engluent et saturent cette muqueuse. Résultat, ces plaques ne sécrètent plus les globules blancs, et c'est la porte ouverte aux infections organiques. Le mouvement pendulaire en biokinésie, les douches rectales régulières au début, avant de stabiliser le bon fonctionnement, par le biais d'une alimentation riche en fruits et légumes et pauvre en viandes et céréales, permettent de garder ces organes lymphoïdes (Peyer) en bon état et de maintenir le péristaltisme intestinal trop souvent absent (constipation). Les frictions de l'abdomen aux huiles essentielles demeurent une technique valable grâce à leur pouvoir microbicide.

Muqueuse respiratoire

Des poumons qui ventilent bien sont la condition indispensable pour protéger le reste de l'organisme contre les virus et microbes. Pour améliorer votre capacité pulmonaire (3 litres pour les femmes et 5 litres pour les hommes), effectuez deux fois par semaine une sortie à vélo (une à deux heures) ou bien deux à trois courses à pied (environ 400 mètres). Toutes les figures respiratoires pratiquées en yoga demeurent valables. Le « bol d'air Jacquier » est également à conseiller. Les petits cils de notre appareil pulmonaire retrouveront leurs mouvements et la défense sera améliorée. Les microbes ou virus se développent chez les sous-respiratoires (fumeurs, sédentaires).

Si les virus passent ces deux barrières, des mécanismes à complexité croissante, se mettent en fonction. La suite est assurée par des cellules immunocompétentes : les lymphocytes B et T, ainsi que par des protéines spéciales appelées anti-corps. C'est à ce niveau qu'intervient la vaccination, une manière artificielle de développer la défense spécifique du corps. Nous lui préférons, de loin, la défense spécifique spontanée, que tout le monde possède à la naissance, plus durable et plus fiable.

Moelle des os - globules blancs - hystiocytes

Les leucocytes (globules blancs) naissent dans la moelle des os. Avec le manque d'hygiène, la moelle devient graisseuse et rapidement ne sécrète plus assez de globules blancs.

En naturopathie, trois moyens existent pour solliciter la moelle :

  • La biokinésie avec travail lent et poids légers pour obliger le périoste à nourrir l'os et forcer les moelles à produire des leucocytes.
  • Les bains supercaloriques journaliers de 15 à 20 mn.
  • Les massages aux huiles essentielles.

Les histiocytes sont souvent les grands oubliés dans la défense du corps, et pourtant ils jouent un rôle primordial. En effet, ils digèrent microbes et toxines. Lorsqu'un tissu conjonctif est envahi de toxines (cellulite), il empêche les histiocytes d'agir. Le meilleur moyen en naturopathie est le jeûne sec (ni boire ni manger (1) pendant 48 heures) et la course à pied.

Thymus

Le thymus, au même titre que la moelle fait partie des organes lymphatiques primaires. Il est constitué de 2 lobes et se situe derrière le sternum. Son rôle hormonal favorise le développement et la maturation des « Lymphocytes T » qui détruisent les substances étrangères et les microbes pathogènes. Cette glande disparaît avec l'âge. Cependant, on peut retarder sa destruction, qui est rarement complète puisqu'elle secrète toujours de la thymosine. On le renforce par la suroxygénation sanguine (Pulmo-rééducateur, pranayama, rebirth). Un moyen simple est de se taper la poitrine en rétention pleine (poumons pleins d'air). L'essoufflement avec le travail thoracique qu'il procure (auto-massage) est également un excellent moyen de solliciter cette glande.

Reticulo-endothelium - Rate - Ganglions lymphatique

Ces barrières sont celles des anticorps et des antitoxines. Ces substances sécrétées par certaines cellules, se retrouvent dans différents tissus (par ex. les sinusoïdes, capillaires spécifiques du foie, contiennent des cellules phagocytaires, appelées cellules réticulo-endothéliales ou cellules de « Kupffer ». L'hypophyse, la rate, les parathyroïdes et la moelle possèdent ces sécrétions phagocytaires. Ces dernières combattent tout corps étranger, y compris lors de greffes. C'est le système musculaire qui semble maintenir ce mécanisme de défense en état. Le muscle ne doit donc pas s'infiltrer de graisse. Priorité à donner à l'exercice physique de 30 à 60 mn, tous les jours. Un massage tonifiant et la réflexologie permettent de stimuler les systèmes nerveux à travers le système ostéo-musculaire.

Interferon

Une barrière importante au niveau de la cellule elle-même. Lors de la pénétration de virus dans la cellule, celle-ci sécrète l'interféron : une des nombreuses protéines qui agit en modulant la réponse immune d'un organisme. Il en existe différentes familles. Malheureusement, à notre époque nous manquons d'interféron. C'est ainsi que, depuis les années 70-80, certaines firmes en commercialisent.

L'insuffisance de leur sécrétion indique de toute évidence l'intoxication de la cellule, avec pour conséquence un surcroît de travail pour très peu de résultats, d'où la nécessité d'instaurer des « cures de nettoyage » régulières.

La Fièvre

C'est une excellente barrière de défense, elle détruit la majorité des pathogènes. Il faut la respecter, ou la maîtriser (petite réfrigération), voire la provoquer artificiellement (bain chaud par exemple) et surtout ne pas l'entretenir par une alimentation antispécifique. Une restriction alimentaire, voire beaucoup mieux, la monodiète ou le jeûne, à cet instant, s'impose.

Le terrain d'abord

Les antiseptiques les plus valeureux peuvent gagner des batailles mais ils ne gagneront jamais la "guerre microbienne", et pour cause.

Les naturopathes ont compris ce problème microbiologique des mutations cellulaires. Les théories de Béchamp, Tissot, Portier, Altmann renforcent bien leur enseignement.

La règle d'or de la vie des êtres organisés est la santé de la cellule et la stabilité de sa structure et elle s'obtient par la normalisation du bain humoral. Ce dernier, en plus de favoriser la circulation, augmente la sécrétion des cytokines (endo ou autocrines), lymphokines et monokynes, autant de mécanismes de défense, étouffés par notre mode de vie détestable.

Ainsi sera vaincu, sans antiseptique foudroyant, le fantôme édenté, ce « loup garou » des allopathes, cet innocent serviteur très zélé de l'organisme, cet « inconnu » irresponsable chargé de tous les crimes au demeurant fort sympathique et avec lequel nous cohabitons de toute éternité... j'ai nommé : le microbe !

Philippe Dargère

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