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L'agriculture


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792 réponses à ce sujet

#741 Tis

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Posté 14 septembre 2019 - 08:08

Produire du sucre bio c'est le pari de Tereos et d'une trentaine d'agriculteurs
Par Lisa Lasselin | Publié le 10/07/2019

Tereos lance sa filière betteraves bio, dont le sucre sera transformé à la sucrerie d’Attin en septembre. Arnaud et Sylvain Bailleul, à Troisvaux, font partie des premiers agriculteurs à se lancer dans l’aventure, avec environ trois hectares et demi. Explications.

«On cultivait déjà de la betterave fourragère, destinée à l’alimentation de nos bêtes. Tereos est venu nous proposer de semer des betteraves pour produire du sucre», explique Arnaud Bailleul, qui pourra désormais profiter de ce sucre produit pour l’inclure dans les yaourts fabriqués à la ferme. Depuis plus de vingt ans, l’exploitation est certifiée en agriculture biologique. Elle produit déjà ainsi du blé, des endives et des pommes de terre, ainsi que du lait.
Cette certification déjà acquise a pu «faciliter fortement» sa participation à la campagne de Tereos, puisque partir d’une exploitation conventionnelle requiert environ trois années de délais avant d’obtenir une certification bio. «On espère produire 50 tonnes de betteraves cette année, voire 60 tonnes si tout se passe très bien», ajoute l’agriculteur.

Palier aux difficultés
 
Après avoir mené des essais agronomiques en 2018, le groupe Tereos s’est associé à une trentaine d’agriculteurs bio et en conversion, qui ont semé près de 200 hectares de betteraves. Ces derniers bénéficient d’un accompagnement, notamment au regard du désherbage, qui demande un coût supplémentaire en termes de temps et de main-d’œuvre. Plusieurs parcelles ont fait l’objet d’un suivi avec des agriculteurs, ainsi qu’avec d’autres acteurs tels que la chambre d’agriculture, des sociétés de matériels agricoles ou encore l’Institut technique de la betterave (situé dans le Nord), afin d’expérimenter des techniques alternatives utilisées en agriculture biologique.

L’offre et la demande

«À l’échelle européenne, tous les sucriers regardent la filière bio, c’est un marché en croissance. Il faut diversifier cette filière dans un contexte difficile pour le conventionnel», rapporte Laura Loffler, responsable de la filière biologique de Tereos, lors de sa visite sur l’exploitation de la famille Bailleul. Si le groupe Tereos s’était déjà spécialisé dans le sucre biologique, à travers sa gamme de sucre de canne bio, il ne l’était pas à l’échelle locale. «Notre groupe va désormais produire son propre sucre bio issu de betteraves, répondant à une demande forte des consommateurs pour des produits bio et locaux», ajoute Philippe Huet, directeur de Tereos Commodities.

 
https://www.lavoixdu...-d-agriculteurs



#742 flanar l'ancien

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Posté 14 septembre 2019 - 11:49

Tereos (3è fabricant mondial de sucre!) qui fait du bio, perso j'appelle ça du bio-opportunisme. C'est comme si Mc Do proposait un repas végan (ce qu'il fait déjà peut-être, je n'en sais rien): c'est de l'esbrouffe!

Après, ben tant mieux pour la trentaine d'agriculteurs concernés... jusqu'à ce qu'on leur mette la corde au cou quant aux prix des betteraves tant ils seront devenus dépendants de ce groupe mondial.


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#743 FLOYD

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Posté 14 septembre 2019 - 16:50

Pour la betterave, je trouve ton analyse pertinente.

Pour le burger végan, gagné: il existe bel et bien!   ;-)


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#744 Tis

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Posté 16 septembre 2019 - 09:37

Personnellement je préfère saluer les paysans qui ont le courage de faire le 1er pas (et pour certains en passant au bio il y a plus de 20 ans d'après cet article).

 

Et compte-tenu de la dégradation massive de l'environnement c'est indispensable.

 

Mais que ce soit opportuniste de la part des industriels c'est évident et leurs concurrents s'y intéressent aussi car ils y sont enfin contraints par l'évolution de la consommation et de la législation sur certaines substances chimiques éminemment toxiques :

 

18/01/2019

 

La coopérative sucrière Cristal Union porte, en concertation avec les Chambres d’Agriculture de la Marne et de l’Aube et l’association Bio en Grand Est, un projet expérimental autour de la culture et de la transformation de la betterave sucrière en agriculture biologique, expérimentation aidée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

 

Ce projet comporte deux volets : une expérimentation au champ : « comment faire de la betterave sucrière en agriculture biologique ? » et une expérimentation de transformation industrielle : « comment faire du sucre biologique à partir de la betterave ? ».

 

En effet, les auxiliaires technologiques (antimousses, floculants etc) utilisés pour faire du sucre à partir de la betterave conventionnelle ne sont pas autorisés par la réglementation française pour la production biologique. Pour relever ce défi technologique, deux pistes sont actuellement étudiées par Cristal Union : soit une adaptation du process « normal » via de nouveaux auxiliaires technologiques, soit un process totalement nouveau, rendu possible par des innovations technologiques.

 

En l’absence de débouchés, la betterave sucrière n’est pas cultivée en agriculture biologique (ce qui justifie l’expérimentation agronomique, car les références manquent pour cette culture) et cela freine la conversion de certains exploitants avec des parts importantes de betterave dans leur assolement. Si une solution de transformation est trouvée, cela pourrait lever certains freins à la conversion dans les plaines productrices de betterave.

 

Un développement de 1000 à 1500 ha de betteraves biologiques est prévu pour 2019 dans le cadre de ce projet. Afin de favoriser ce développement des surfaces en priorité dans les aires d’alimentation de captages, du temps sera consacré à la prospection et l’accompagnement des exploitants spécifiquement dans ces territoires à enjeu eau.

http://www.eau-seine...rave_biologique



#745 flanar l'ancien

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Posté 16 septembre 2019 - 12:13

Moi, perso, je préfère cette approche là:

Pour la transformation, 2 voies existent :

  • Utiliser les grosses sucreries conventionnelles, en traitant les betteraves bio séparément, souvent en début de campagne avant les betteraves conventionnelles. Cela peut permettre d’éviter certaines maladies de fin de cycle, mais risque de diminuer les rendements potentiels et la densité en sucre… avec le problème du surdimensionnement des usines par rapport aux volumes bio.
  • Créer des unités de transformations spécifiques, plus petites, voire artisanales.

C’est cette 2e voie qu’envisage le groupe expert qui pilote l’étude de marché avec le Gabnor, mais aussi la Bretagne: des outils de transformation de petite taille, artisanale ou intermédiaire.

Qui plus est, on ne subventionne pas la recherche pour des gros groupes.

https://www.produire...ferences-champ/


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#746 Tis

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Posté 17 septembre 2019 - 08:15

Bien sûr Flanar mais avant de construire de nouvelles usines plus petites encore faut-il avoir des betteraves bios à y transformer.

Et jusqu'à présent pratiquement personne n'en cultivait car on ne pouvait pas les vendre.

 

Ceux qui voudront se lancer devront faire attention à le faire sur des terres riches bien nettoyées car elle est difficile à désherber au départ.

 

Beaucoup d'essais seront très intéressants à tester sur les variétés de semences, les précédents culturaux,  l'aide éventuelle des cochons élevés en plein air, l'adaptation du matériel agricole, les techniques sans labour, les couverts végétaux, etc.



#747 flanar l'ancien

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Posté 17 septembre 2019 - 14:51

C'est un peu ce qui est dit dans l'article que j'ai mis en lien, Tis.

Et il semble que ça fait quelques années que des producteurs européens coordonnent les résultats de leurs recherches et expérimentations:

 

"...Des essais de production de betterave bio ont été menés en Belgique, Suisse, Grand-Est, Hauts-de-France et Normandie. Les principales difficultés pour la production sont liées au salissement et à la fertilisation. Au début des années 2000, des essais ont donné des rendements de 50 t/ha (à 16% de densité en sucre) en Champagne-Ardenne, 60 t/ha dans le Nord-Pas de Calais. Mais le coût de production de la betterave est plus élevé en bio, notamment en raison de charges de désherbage (en partie manuel) plus élevées. Des essais au champ ont été menés en 2016 en Hauts de France et en Bretagne, avec des résultats provisoires encourageants (66 t/ha).

Pour démarrer une production de betterave bio avec des références techniques communes, le groupe technique inter-régional du réseau FNAB a initié un travail collectif entre producteurs et techniciens. "


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#748 michmuch80

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Posté 18 septembre 2019 - 09:10

des résultats provisoires encourageants (66 t/ha).

Pour cela il faut mettre tout les atouts de son côté :  Prairie récemment détruite, 30t/ha de fumier composté enfoui à l'automne, travail du sol très fin pour éliminer les larves de taupin, faux semis, voir repiquage et désherbage accru, les contrats avec les sucreries sont très exigeant la dessus. https://www.betterav...ique-semis.html


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#749 FLOYD

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Posté 18 septembre 2019 - 19:16

 

Au cours de la première décennie du XIXème siècle, les deux premières fabriques métropolitaines sont établies en région parisienne à Chelles et à Saint-Ouen. D’autres fabriques sont créées dans la Somme, dans l’Aisne et le Pas de Calais. La naissance de la sucrerie de betterave est donc l’aboutissement  d’un long processus de maturation scientifique et intellectuelle, concrétisant une idée qui était "dans l’air" depuis plusieurs années.

 

Avec le blocus continental instauré en 1806, une guerre économique s’installe et ferme l’Europe au  commerce anglais. Le remplacement des produits coloniaux comme le sucre de canne devient indispensable.

 

En 1811,  Le Ministre Montalivet  présente à Napoléon 1er des pains de sucre, fabriqués par le chimiste et pharmacien de l’Empereur, Deyeux.

 

Napoléon 1er, voulant  favoriser le développement de cette production et avec l’influence décisive du chimiste Chaptal, signe le 25 mars 1811 un décret ordonnant la mise en culture de 32 000 hectares de betterave.

https://www.lesucre....t-du-sucre.html

 

Qui sera le Napoléon du sucre bio?   ;)



#750 Tis

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Posté 24 septembre 2019 - 07:41

Merci Flanar, le site que tu as mis en lien évoque une autre expérience passionnante faite dans une ferme bio.
 

Implanter une culture après une prairie sans labour et en Bio, mission impossible ?

Publié le : 31 juillet 2019

En vue d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences en Techniques de Cultures Simplifiées (TCS) en système polyculture-élevage, un groupe de producteurs bio et non bio s’est constitué en Vendée dans le cadre du dispositif « 30 000 fermes vers l’agroécologie ». La FNAB et le GAB Vendée ont pu suivre Julien Guéneau, agriculture bio au sein du GAEC Les Jonquilles (L’Herbergement – 85), au travers de 7 épisodes (A venir prochainement, le 8ème épisode : La récolte du maïs. Cette série vous permettra de découvrir la philosophie de ces paysans, et les intérêts agronomiques, économiques et humains de cet itinéraire technique.


Episode 1 : le pari du GAEC Les Jonquilles
Comment réduire le travail du sol, pour quels objectifs et quels sont les impacts agronomiques et économiques ? Découvrez la philosophie de cette ferme laitière convertie au bio depuis 2010 et qui a cessé la pratique du labour depuis 20 ans.

 

 

 
La suite : https://www.produire...ratiques/31490/


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#751 Tis

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Posté 21 octobre 2019 - 10:31

Une autre technique bio récente pourrait être complémentaire de la précédente (vidéo sous titrée en français)
 

Plantation mécanisée de plantons de légumes dans un couvert de mulch avec la Mulchtec-Planter
7 oct. 2019

Le maraîcher Johannes Storch et son équipe ont présenté pour la première fois la "Mulchtec Planter" au salon "Oekofeldtage 2019" à Kassel en Allemagne. Cette machine permet de planter mécaniquement des plantons de légumes dans un épais couvert de paillis.
Dans la vidéo, Johannes Storch montre comment la machine fonctionne et pour quelles cultures elle est adaptée. Il explique comment le sol est préparé et fertilisé et s'attaque aux problèmes tels que les escargots et les racines des mauvaises herbes.
Pour plus d'informations : https://mulch-gemuesebau.de
Le film a été tourné dans le cadre du projet européen "Nefertiti". Réalisation : Thomas Alföldi, FiBL.



#752 FLOYD

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Posté 22 octobre 2019 - 17:37

Une approche ludique proposée par Institut Technique d'agriculture Biologique, ITAB; LAURACLE (Levier d’AUtonomie pour Résister aux Aléas CLimatiquEs) est un jeu de cartes collaboratif simple et évolutif, constitué d'une quarantaine de cartes-leviers d'autonomie fourragère mobilisables pour faire face aux aléas climatiques.

http://www.itab.asso...l3J2DlvwomOJOg4

 

On remarque l' esprit collaboratif;

Un jeu réalisé par Loïc Madeline, Myriam Vallas (Pole AB Massif central), Fabienne Launay (Institut de l'Elevage), Stanislas Lubac (ITAB), Vincent THENARD (INRA), Aurélie Belleil (Pole AB Massif central)



#753 FLOYD

FLOYD

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Posté 08 fvrier 2020 - 14:54

 

Dans une interview à Graines de Mane, Marc Dufumier, professeur émérite d’agronomie à AgroParisTech, encourage le développement d’une agroécologie scientifique qui prône un usage intensif des ressources naturelles renouvelables grâce à une fine connaissance du fonctionnement des agroécosystèmes.

https://grainesdeman...fFQ8K-9UixEvkNE

 

Excellent article, dont je le pense, nous partageons les orientations. Il s'agit de nourrir  le monde durablement.



#754 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 08 fvrier 2020 - 18:40


"encourage le développement d’une agroécologie scientifique qui prône un usage intensif des ressources naturelles renouvelables grâce à une fine connaissance du fonctionnement des agroécosystèmes."

 

Bah voili voilà... C'est exactement ce qui nous a mené là où on est :mur:

 

Usage intensif, grâce à une fine connaissance des écosystèmes :lol: :marteau2:



#755 FLOYD

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Posté 08 fvrier 2020 - 19:22

Tous les mots sont utiles,  y compris le mot "renouvelables" surtout quand il s'agit de ressources naturelles.

Marc Dufumier; ses positions sont particulièrement appréciées dans le monde de l'agriculture bio. Une rapide recherche sur la toile permet de s'en assurer.

Où se situe le problème que tu soulèves Bill Imbi ?



#756 DzC

DzC

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Posté 08 fvrier 2020 - 19:30

 

Marc Dufumier; ses positions sont particulièrement appréciées dans le monde de l'agriculture bio.

 

je confirme. Un mec vraiment interessant le Marc.

 

http://www.messages-...le/dufumier.php
 



#757 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 08 fvrier 2020 - 19:38

Extraits :

 

https://www.nouvelob...democratie.html

 

Les politiques ont-ils conscience de ce que vous expliquez là ?

Je côtoie des politiques de tous les bords et j’observe quand on argumente, qu’ils n’ont pas d’incompréhension. Personne ne me dit : « Vous avez tort. » Tous répondent : « Il faut être pragmatique, tenir compte de l’opinion publique telle qu’elle est aujourd’hui. » Tous m’invitent à ne pas être radical dans les propositions.

Je réponds qu’on n’échappera pas à une révision complète de la copie et que pour réussir ce virage, il nous faut l’adhésion de l’immense majorité des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens soucieux de l’environnement. Il faut juste bien définir le cap et les progressions.

 

La classe politique actuelle manque de courage ?

Si la classe politique manque de courage, c’est parce qu’elle est à l’écoute de l’opinion, parfois versatile et manipulable. Comme les médias. Le fétichisme de la marchandisation et l’ignorance de cette inégalité de 1 à 200 que j’évoquais tout à l’heure, c’est cette idéologie qui est l’origine de l’aveuglement des opinions.

Le Grenelle de l’environnement

Vous avez participé au Grenelle de l’environnement, dans le groupe qui planchait sur l’agriculture. Les promesses faites alors ont-elles été tenues ?

Globalement, la loi Grenelle 1 est passée à la quasi-unanimité. La loi Grenelle 2 était au rabais par rapport aux conclusions de l’accord. Et puis le plus important, ce sont les décrets et les arrêtés d’application. Et là, plus le temps passe, plus l’enthousiasme retombe...

Il y a eu des redditions : sur l’autoroute dans le Béarn, sur le réseau ferré qui se détériore. Les vraies décisions courageuses n’ont pas été prises, come la taxe carbone ou encore les droits de douane sur l’importation de soja brésilien.

Vous vous sentez dupé ?

Je ne regrette rien, pour deux raisons : ce fut un excellent moment dans le débat d’idées, dont certaines ont avancé dans l’opinion publique, les ONG, le personnel politique. Un moment intense et utile.

Aujourd’hui, je peux m’adresser aux politiques en leur disant : j’y ai participé, mais je n’aime pas du tout les retards de la mise en oeuvre de cet accord et je n’en comprends pas les raisons. Et si ça continue, je dirais que cela s’appelle une « trahison », que je n’avais pas besoin d’être humilié par un « show ».

 

Bref, rien de nouveau...

Continuons d'user intensivement...



#758 Tàri

Tàri
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Posté 08 fvrier 2020 - 21:10

"encourage le développement d’une agroécologie scientifique qui prône un usage intensif des ressources naturelles renouvelables grâce à une fine connaissance du fonctionnement des agroécosystèmes."

 

Bah voili voilà... C'est exactement ce qui nous a mené là où on est :mur:

 

Usage intensif, grâce à une fine connaissance des écosystèmes :lol: :marteau2:

Ben non, justement.
Ce qui nous a mené là c'est un usage intensif, sans une fine connaissance des écosytèmes.

Voire pire, avec une connaissance des écosytèmes (il suffit de lire la littérature scientifique pour voir que ça fait un bail qu'on sait, en fait. Et je ne parle pas du sujet des savoirs ancestraux discrédités et assassinés, toujours en cours dan sles pays du sud).

C'est oublier (ou ne pas savoir) que l'agriculture intensive est née après guerre 39-45 pour recycler l'indrustrie de guerre en autre chose : les produits phytosanitaires (voir l'historique de Bayer), les machines (tracteurs et outils au lieu des tanks), en utilisant la propagande (maintenant appelée lobbying) issue des services de renseignements et infiltration de guerre.

C'est oublier (ou ne pas savoir), que les politiques européennes dont nous dépendons maintenant sont sous l'influence de ces mêmes lobbies, qui prônent une vision de la biologie complètement obsolète, comme en médecine (ah tiens, ce sont les mêmes propriétaires derrières les labos), à savoir que la Nature est hostile, pleine de pathogènes dont il faut se méfier (et elle est où la connaissance de votre corps, de votre système immunitaire et de l'importance des micro-organismes dans nos vies?).
A savoir, que le sol est con et qu'on sait mieux que lui quoi lui mettre sur la tronche pour que les plantes poussent. (avec quels nutriments dedans on s'en fout).
 

Et qu'un M. Dufumier, compétent et connaisseur des sols et des écologies, puisse participer en son âme et conscience en un si beau projet que le grenelle, en y mettant ses tripes et ses connaissances, dans un climat réceptif, intéressé et constructif, je trouve ça super. Je peux le dire, car j'y ai participé en tant que biologiste marin dans une commission appropiée. C'était génial, super. Vraiment. Tous les pontes de la profession réunis, et je peux vous dire que ce qui en sortait était chouette, de bon sens et d'évidences.
Le gouvernement en cours et les suivant n'en ont eu cure ; pourtant Le Grenelle, en matière, ce n'était pas nul.

Usage intensif. Nouveau terme à la mode, entre autre depuis le lobby Bec Hellouin. Faut expliquer que dans un monde où le mot intensif est clef, si c'est applicable en version ecolo, ces derniers ne s'en privent pas. Peut-être M. Dufumier pareil.
Rapport aux expériences du Bec Hellouin (j'aime pas mais bon), qui montrent qu'on peut produire beaucoup sur de petites surfaces, en bio et agroécologie.
Et oui.

Intensif ça sonne moche, mais maintenant c'est applicable en système écolo.

Tout ça pout dire que ... quoi, au fait? Que Dufumier a un beau nom et ne dit pas que des conneries.


Modifié par Tàri, 08 fvrier 2020 - 21:11 .


#759 FLOYD

FLOYD

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Posté 08 fvrier 2020 - 22:00


C'est oublier (ou ne pas savoir) que l'agriculture intensive est née après guerre 39-45 pour recycler l'industrie de guerre en autre chose : les produits phytosanitaires (voir l'historique de Bayer), les machines (tracteurs et outils au lieu des tanks), en utilisant la propagande (maintenant appelée lobbying) issue des services de renseignements et infiltration de guerre.…

Je suis d'accord avec le reste du message, mais pas avec ça, souvent entendu ou lu. A un point que je me demande pourquoi cette vision erronée, sinon orientée de l'histoire est celle de beaucoup de bio et d'écolos.

La chimie agricole, la mécanisation, les premiers pesticides remontent à la deuxième moitié du XIXe siècle. Les premiers engrais composés, la chaux agricole, les faucheuses, les charrues, la nicotine, l'acide sulfurique, la bouillie bordelaise etc… répondent aux attentes du monde rural. Paysans, laboureurs, vignerons, arboriculteurs, propriétaires fonciers s'intéressent à ces techniques qui  voient les rendements augmenter et les risques diminuer.

Bien évidemment on se rend compte rapidement que les arséniates, les dérivés du mercure, … ont des effets terriblement destructeurs; c'est le début des recherches d'alternatives… qui ne sont pas encore bio.


Modifié par FLOYD, 08 fvrier 2020 - 22:01 .

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#760 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 09 fvrier 2020 - 17:08

Usage intensif. Nouveau terme à la mode, entre autre depuis le lobby Bec Hellouin. Faut expliquer que dans un monde où le mot intensif est clef, si c'est applicable en version ecolo, ces derniers ne s'en privent pas. Peut-être M. Dufumier pareil.
Rapport aux expériences du Bec Hellouin (j'aime pas mais bon), qui montrent qu'on peut produire beaucoup sur de petites surfaces, en bio et agroécologie.
Et oui. Intensif ça sonne moche, mais maintenant c'est applicable en système écolo.

 

Usage intensif... Que tu confonds avec production intensive ? Et oui, les mots ont un sens...

 

Mais admettons, associons-le à cette fine connaissance des écosystème qui rend l'intensif, plus que supportable, totalement vertueux...

 

Ben non, justement.
Ce qui nous a mené là c'est un usage intensif, sans une fine connaissance des écosytèmes.

Voire pire, avec une connaissance des écosytèmes (il suffit de lire la littérature scientifique pour voir que ça fait un bail qu'on sait, en fait. Et je ne parle pas du sujet des savoirs ancestraux discrédités et assassinés, toujours en cours dan sles pays du sud).

 

Donc tu dis qu'aujourd'hui la science est au courant, elle sait, elle connait finement les écosystèmes... Ah OK, ben Youpi, on est sauvés ! Les scientifiques ont tout compris, la nature et tous ses multiples écosystèmes n'ont plus rien à nous apprendre, et vu qu'on est super compétant en écosystème, y'a pu de problème.

 

Si en plus on ajoute le grenelle :

 

Et qu'un M. Dufumier, compétent et connaisseur des sols et des écologies, puisse participer en son âme et conscience en un si beau projet que le grenelle, en y mettant ses tripes et ses connaissances, dans un climat réceptif, intéressé et constructif, je trouve ça super. Je peux le dire, car j'y ai participé en tant que biologiste marin dans une commission appropiée. C'était génial, super. Vraiment. Tous les pontes de la profession réunis, et je peux vous dire que ce qui en sortait était chouette, de bon sens et d'évidences.
Le gouvernement en cours et les suivant n'en ont eu cure ; pourtant Le Grenelle, en matière, ce n'était pas nul.

 

Effectivement, chaque matin je constate les effets bénéfiques du grenelle. Et savoir que des gens aussi sympas que Dufumier y ont participé (rien que pour son nom il méritait d'en être), franchement, s'il me restait une once de doute, rien que savoir que le grenelle c’était un super projet, moi, ça me suffit.


Modifié par Bill Imbi, 09 fvrier 2020 - 17:18 .